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  • Photo du rédacteurAurélia Monfort

Du théâtre

Dernière mise à jour : 16 févr.



Mes expériences en tant que comédienne et metteure en scène me sont revenues à l'esprit ces derniers temps. Ce truc de jouer des rôles, aller jusqu'au bout de la proposition, sans hésiter, sans douter, pour que les autres puissent jouer à leur tour, pour que l'un serve l'autre et que l'ensemble trouve son équilibre, son sens. Que le tout raconte, touche et révèle la partie.

Et j'ai eu comme une illumination sur les "enseignements" que cette expérience théâtrale m'offrait pour incarner aujourd'hui pleinement le rôle d'Aurélia Monfort dans la grande pièce de la Vie Père/Mère !


Lorsque j'étais comédienne, mon rôle était de m'engager complètement dans ma partition, de prendre ma place, sans attendre que quelqu'un me la donne et sans prendre celle de l'autre. Je devais parfois accepter de ne pas tout comprendre pour incarner pleinement le personnage, adopter son point de vue, devenir lui à en oublier tout le reste, aller jusqu'au bout de sa logique.

Comme dans une peinture, mon rôle était de dessiner la trace du personnage, de danser sa trajectoire en gardant sa couleur propre, sans se laisser déteindre par les autres, au risque de ne laisser qu'une ombre marron informe sur la toile.


J'ai aimé être comédienne.

Je n'y arrivais pas toujours très bien : ne pas poser trop de questions, ne pas avoir la vue d'ensemble, faire confiance au metteur-e en scène et aux partenaires, rester pleinement à ma place, ne pas avoir d'avis sur les trajectoires des autres...

Lorsque j'arrivais à me mettre dans le courant de mon personnage, à me laisser porter par son histoire, à m'abandonner au jeu et à me déployer dans l'espace de liberté qui m'était donné, c'était carrément jouissif, magique. Je touchais un endroit de confiance absolue dans ce qui était en train de se jouer. Je ne m'occupais que de moi et pourtant j'avais une conscience élargie que tout était à sa place pour que la pièce se déroule parfaitement jusqu'à la réalisation de l'intention.


J'ai particulièrement aimé jouer des « mauvais rôles ». Des rôles d'oppresseur, de pétasse, de « je sais tout », de raciste. J'ai aimé incarner leur partition le plus loin possible, être la plus horrible possible, sans surjouer, avec sincérité et authenticité. Je touchais en moi ces parts d'ombre et j'avais confiance qu'au mieux je jouais mon rôle, au mieux je servais les autres.

J'ai incarné ces personnages avec beaucoup d'amour, vraiment beaucoup d'amour. Et je sentais que je me faisais du bien en les aimant. Que je faisais du bien à mon humanité.


En tant que metteur-e en scène ensuite, j'ai eu la responsabilité de la vue d'ensemble, de l'équilibre global et surtout de l'intention. J'attendais des comédiens, et des autres partenaires de l'équipe, qu'ils me fassent confiance sur le rendu final, qu'ils respectent les indications que je leur donnais, tout en étant force de propositions et en faisant preuve de créativité, de joie, dans l'espace de leur « libre arbitre » d'interprétation.

Je leur apportais mon écoute, ma confiance, mes encouragements. Je savais aussi les repositionner sur la juste ligne de leur partition si besoin. Parce que si je ne le faisais pas, c'était l'ensemble, c'était tous, que je mettais en danger.

Je leur apportais un regard amoureux et de gratitude pour la prise de risque qu'ils osaient, pour l'acceptation de ce saut dans le vide que demande le processus créatif, pour leur engagement au service de l'expression d'un élan qui au départ étant le mien.


Quand nous étions portés par la confiance mutuelle, quand chacun se sentait bien à sa place, quand nous avions les idées claires, quand chacun assumait pleinement sa responsabilité avec joie et simplicité, alors nous pouvions co-créer avec fluidité et évidence. Je pourrais dire, dans l'Amour.



J'aime penser aujourd'hui que dans mon rôle d'Aurélia Monfort, humaine sur Terre, je ne suis pas une marionnette dans les mains de la Vie, mais que je ne suis pas non plus la metteure en scène de la pièce.

Je suis une comédienne qui vient exprimer une trajectoire parmi d'autres, avec sa couleur spécifique et son espace de liberté d'interprétation. Ma responsabilité est d'incarner mon rôle avec engagement, plaisir et amour, sans chercher à tout comprendre, sans juger la façon dont mes partenaires interprètent leur rôle, sans douter du bien fondé du jeu, sinon ce n'est pas vraiment jouer.

Ma responsabilité est de mettre de côté ma fierté ou mon envie d'être "calife à la place du calife", et d'avoir une pleine confiance dans les choix du metteur-e en scène, pour trouver cet endroit d'écoute qui permet l'abandon.


Je sais que la Vie ne me lâche pas des yeux alors que je suis sur scène. Elle me soutient de façon inconditionnelle, elle me guide, elle écoute mes besoins, elle me recadre s'il le faut.

Elle m'aime, telle que je suis, à chaque instant. Ensemble nous co-créons la pièce.

Parfois nous trouvons la Grâce.

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